Crédit d’Impôt Industrie verte (C3IV)
Financez vos investissements industriels dans les filières vertes avec le C3IV
Le C3IV (article 244 quater I du CGI) réduit l’IS sur vos investissements dans les batteries, le solaire, l’éolien et les pompes à chaleur. Prorogé jusqu’au 31 décembre 2028, il impose un agrément préalable de la DGFiP.
Le C3IV, codifié à l’article 244 quater I du CGI, soutient les investissements industriels dans la production de batteries, panneaux solaires, éoliennes et pompes à chaleur, ainsi que des composants essentiels et matières premières critiques associés. Le dispositif a été prorogé jusqu’au 31 décembre 2028 par la loi de finances pour 2026, dans le cadre européen CISAF.
L’octroi est conditionné à un agrément préalable de la DGFiP, instruit conjointement avec l’ADEME et le ministre chargé de l’économie, à déposer avant tout engagement de dépense. Le C3IV devient pertinent à partir de plusieurs millions d’euros d’investissement éligibles. Cibles typiques : gigafactories de batteries, fabricants de cellules photovoltaïques, producteurs d’éoliennes, fabricants de pompes à chaleur, producteurs de matières premières critiques (lithium, nickel, cobalt, terres rares).
Ce que le c3IV active
3 effets sur votre projet industriel
Le C3IV agit sur la fiscalité de l’investissement, la sécurité juridique du projet via l’agrément, et l’optimisation du plan de financement public.
Réduire l'IS sur l'investissement
Crédit d'impôt sur les dépenses corporelles et incorporelles du projet agréé. Plafond par projet : 150 à 350 M€ selon la zone
Sécuriser le projet avant tout engagement
L'agrément préalable de la DGFiP, sur double avis de l'ADEME et du ministre de l'économie, confirme l'éligibilité avant la première dépense.
Délai d'instruction : 3 mois
Cumuler avec d'autres aides publiques
Aides régionales, subventions nationales, financements européens (FEDER, Innovation Fund).
Plafond cumulé : 75 % des coûts admissibles
Conditions d'éligibilité
6 conditions cumulatives à respecter simultanément
Le bénéfice du C3IV est conditionné à six critères portant sur l’entreprise, sa filière, sa situation financière et ses engagements pluriannuels (BOI-BIC-RICI-10-180-10).
01
Entreprise industrielle ou commerciale au réel
Soumise à l’IS ou à l’IR (BIC), de toute taille. Certaines entreprises exonérées, notamment Outre-Mer, restent éligibles.
02
Activité dans une des 4 filières
Batteries, panneaux solaires, éoliennes, pompes à chaleur, ou leurs composants essentiels et matières premières critiques.
03
Entreprise non en difficulté
Au sens du règlement RGEC (UE 651/2014), apprécié à la clôture du dernier exercice avant l’agrément.
04
Obligations fiscales et sociales à jour
Paiement des impôts et cotisations à jour, comptes annuels déposés.
05
Engagement d'exploitation en France
Pendant 5 ans à compter de la mise en service, ramené à 3 ans pour les PME. Point de vigilance majeur, son non-respect déclenche la reprise.
06
Respect des règles anti-transfert
Pas de transfert d’activité similaire vers l’établissement bénéficiaire, qu’il soit international (depuis 2024) ou intra-national (durci par la LFI 2026).
Les filières éligibles
4 filières stratégiques de la réindustrialisation
Le C3IV cible les producteurs d’équipements de ces quatre filières, ainsi que leurs composants essentiels et matières premières critiques, et non leurs utilisateurs finaux.
Batteries
Éoliennes
Panneaux solaires
Pompes à chaleur
Le dispositif vise les fabricants de ces équipements. Installer des panneaux solaires sur sa toiture pour sa propre consommation ne relève pas du C3IV.
Dépenses éligibles
Quelles dépenses entrent dans l'assiette du C3IV
L’assiette couvre trois catégories de dépenses d’investissement liées au projet agréé, corporelles, incorporelles et droits d’urbanisme.
Corporelles
Bâtiments, machines, lignes de fabrication, équipements industriels et terrains nécessaires au fonctionnement.
Incorporelles
Brevets, licences, savoir-faire et droits de propriété intellectuelle rattachés au projet.
Droits d'urbanisme
Autorisations d'occupation temporaire du domaine public constitutives d'un droit réel.
Les activités exclues
Le simple remplacement d’équipements existants n’est pas éligible. L’acquisition de panneaux solaires sur toiture pour sa propre consommation non plus, le dispositif visant les producteurs des équipements, pas leurs utilisateurs.
Exception LFI 2026, le remplacement d’un équipement devenu obsolète ou défectueux au cours de la période d’investissement n’entraîne pas la reprise du crédit.
La mécanique
Comment se calcule le C3IV, taux par zone et par taille
Le crédit d’impôt c3IV est le produit du taux applicable par le montant des dépenses éligibles. Le taux dépend de la localisation du projet et de la taille de l’entreprise. Si le crédit dépasse l’IS dû, l’excédent est remboursé.
Tableau des taux et plafonds depuis la LFI 2026
| Zone classique | Zone AFR C | Zone AFR A / Outre-Mer | |
|---|---|---|---|
| Grandes entreprises | 15 % | 20 % | 35 % |
| Moyennes entreprises | 25 % | 30 % | 45 % |
| Petites entreprises | 35 % | 40 % | 55 % |
| Plafond par projet | 150 M€ | 200 M€ | 350 M€ |
Le taux retenu pour l’ensemble du projet est celui de la zone où se trouve le plus élevé des coûts admissibles. Les plafonds s’apprécient par projet depuis la LFI 2026.
Le c3IV majoré en outre-mer
Un taux jusqu'à 55 % pour les industriels ultramarins
Les territoires ultramarins sont classés en zone AFR A, la plus favorable, ce qui ouvre les taux les plus élevés du dispositif sur les quatre filières éligibles.
55%
Taux maximal pour une petite entreprise industrielle en Outre-Mer
350 M€
Plafond de crédit d’impôt par projet en zone AFR A
Territoires concernés : Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte, Réunion, Saint-Martin et Saint-Barthélemy.
Pour un industriel qui arbitre entre une implantation hexagonale et ultramarine, le différentiel de taux C3IV peut représenter plusieurs dizaines de millions d’euros sur un projet de gigafactory ou d’unité de composants critiques.
La procédure d'agrément
Un agrément à obtenir avant le premier euro dépensé
L’octroi du C3IV est subordonné à un agrément délivré par le ministre du budget, sur avis conforme de l’ADEME et du ministre de l’économie (article 244 quater I-VIII du CGI).
La demande doit être déposée auprès de la DGFiP avant tout engagement de dépense ou démarrage des travaux. Un investissement engagé avant l’agrément est définitivement exclu, sans recours possible.
01
Constituer le dossier d'agrément
3 volets, présentation de l’entreprise, du projet et de sa viabilité, justification de l’intérêt environnemental et des engagements pluriannuels. Avec les dépenses prévisionnelles, le plan d’investissement, la projection de chiffre d’affaires et l’articulation avec les autres aides.
02
Déposer la demande auprès de la DGFiP
Dépôt avant tout engagement, à l’adresse dédiée de la DGFiP, en verrouillant la chronologie des décisions d’investissement.
03
Instruction triple, délai de 3 mois
Le dossier est instruit conjointement par la DGFiP, l’ADEME et le ministre de l’économie. La décision intervient dans un délai de 3 mois.
Articulation avec d'autres dispositifs
Combiner le C3IV avec les autres financements publics
Le C3IV se cumule avec d’autres dispositifs dans la limite de 75 % des coûts admissibles. La coordination sur un même projet maximise le plan de financement sans dépasser le plafond.
Plafond de cumul global, 75 % des coûts admissibles (LFI 2026). La stratification se fait sur des assiettes de dépenses distinctes.
Dispositifs nationaux France 2030
Cumul avec les appels à projets ADEME et Bpifrance, Première Usine, AAP EnR Industrie, DECARB FLASH et IND, BCIAT. La stratification couvre des CAPEX différents (production C3IV, décarbonation DECARB).
Aides régionales et territoriales
Aides à l’investissement productif des régions, métropoles et intercommunalités, stratifiées sur des assiettes distinctes et coordonnées avec les schémas régionaux (SRDEII).
Financements européens
FEDER et Innovation Fund, principal levier européen pour les projets industriels de décarbonation à forte intensité capitalistique, dans la limite du plafond de 75 %.
Articulation avec le CIR en amont
Le CIR couvre la R&D préalable, le C3IV l’industrialisation et la production. Les deux portent sur des assiettes différentes et s’imputent séquentiellement.
Sécurisation
Sécuriser le C3IV face au risque de reprise du crédit
Le C3IV est un crédit à effet pluriannuel. Son bénéfice est conditionné au respect d’engagements territoriaux et opérationnels sur 5 ans (3 ans pour les PME) à compter de la mise en service. Un manquement entraîne la reprise rétroactive du crédit (article 244 quater I du CGI).
Les motifs principaux de reprise
Délocalisation hors de France
Tout transfert des investissements hors de France pendant les 5 ans (3 ans PME) suivant la mise en service entraîne la reprise.
Durée d'exploitation non respectée
Cessation d’activité, mise au rebut prématurée ou réaffectation des investissements à un autre usage déclenchent la reprise.
Transfert d'activité similaire
Transfert d’une activité identique vers l’établissement bénéficiaire, d’un autre État membre (depuis 2024) ou d’un autre site français (depuis la LFI 2026).
Conditions du plan agréé non respectées
Modification substantielle non déclarée, dépassement du plafond de cumul de 75 %, ou non-atteinte de la condition de 50 % du CA aval pour les composants critiques.
Les leviers de sécurisation que nous construisons
Documentation pluriannuelle
Suivi documenté de l’exploitation en France, traçabilité des actifs, justification de l’absence de transfert entre établissements du groupe.
Anticipation des évolutions du projet
Toute modification du plan agréé (calendrier, périmètre, montants, sites) déclarée à l’administration, pour éviter la requalification.
Cohérence du plan de financement
Déclaration exhaustive des aides sollicitées, vérification du plafond de 75 %, coordination avec France 2030, FEDER et aides régionales.
Notre accompagnement
De la qualification de zone au suivi pluriannuel des engagements
Nous construisons, déposons et défendons les dossiers C3IV en six étapes, de la qualification du projet jusqu’au suivi des engagements après agrément.
Notre maîtrise de la mécanique d’agrément Bercy s’appuie sur plus de 800 agréments fiscaux obtenus en Outre-Mer, et sur la coordination des dispositifs publics complémentaires.
01.
- Qualification du projet et arbitrage de zone
Éligibilité aux 4 filières, qualification de la taille au sens RGEC, et arbitrage entre zones (classique, AFR C, AFR A, Outre-Mer) selon la localisation des CAPEX et le différentiel de taux.
02.
- Construction du dossier d'agrément
Montage des trois volets, entreprise, projet et intérêt environnemental, avec le plan d'investissement et les projections.
03.
- Dépôt et suivi de la triple instruction
Dépôt avant tout engagement et suivi de l'instruction DGFiP, ADEME et ministre de l'économie, avec réponse aux demandes jusqu'à l'agrément.
04.
- Coordination avec les autres dispositifs
Stratification avec France 2030, FEDER et aides régionales, dans la limite du plafond de cumul de 75 %.
05.
- Calcul, déclaration et imputation du crédit
Calcul du crédit selon le taux de zone, déclaration et imputation sur l'IS, avec remboursement de l'excédent le cas échéant.
06.
- Suivi pluriannuel des engagements
Suivi documenté de l'exploitation sur 5 ans (3 ans PME) et assistance en cas de contrôle, pour écarter le risque de reprise.
Questions fréquentes
Vos questions sur le C3IV
Les réponses aux questions des directions financières et des dirigeants industriels avant et pendant la mise en place du C3IV
Quelles entreprises peuvent bénéficier du C3IV ?
Les entreprises pouvant bénéficier du C3IV sont les sociétés industrielles ou commerciales soumises à l'IS ou à l'IR (BIC) au régime réel, quelle que soit leur taille (TPE, PME, ETI, grandes entreprises). Certaines entreprises exonérées d'IS au titre de régimes spécifiques (notamment Outre-Mer, ZFU, ZRR) restent éligibles. L'entreprise doit exercer une activité dans une des quatre filières stratégiques (batteries, panneaux solaires, éoliennes, pompes à chaleur), ne pas être en difficulté au sens européen et être à jour de ses obligations fiscales et sociales.
Le C3IV est-il automatique ou faut-il une procédure d'agrément ?
Le C3IV n'est pas automatique : il est subordonné à un agrément préalable délivré par le ministre chargé du budget, sur avis conforme de l'ADEME et avis favorable du ministre chargé de l'économie depuis la LFI 2026. La demande doit être déposée auprès de la DGFiP (c3iv@dgfip.finances.gouv.fr) avant tout engagement de dépense ou démarrage des travaux, sous peine d'inéligibilité du projet. Le délai d'instruction est de 3 mois après dépôt complet.
Mon entreprise installe des panneaux photovoltaïques sur ses bâtiments. Est-elle éligible au C3IV ?
L'acquisition ou l'installation de panneaux photovoltaïques par un utilisateur final n'est pas éligible au C3IV. Le dispositif cible exclusivement les producteurs d'équipements (cellules, modules, onduleurs, trackers, structures) et de leurs composants essentiels et matières premières critiques. Pour financer une installation photovoltaïque sur site, d'autres dispositifs sont mobilisables : Certificats d'Économies d'Énergie (CEE), Fonds Chaleur, France 2030.
Quel est le taux du C3IV depuis la loi de finances 2026 ?
Depuis la LFI 2026, le taux de base du C3IV est de 15 % des dépenses éligibles (au lieu de 20 % auparavant), pour les grandes entreprises situées en zone classique. Le taux est majoré selon la zone (jusqu'à 35 % en zone AFR A et Outre-Mer) et selon la taille (+10 points pour les moyennes entreprises, +20 points pour les petites entreprises). Le taux maximum atteint 55 % pour les petites entreprises situées en Outre-Mer. Les plafonds d'aide sont appréciés par projet (150 M€ en zone classique, 200 M€ en AFR C, 350 M€ en AFR A et Outre-Mer).
Quelles dépenses entrent dans l'assiette du C3IV ?
Les dépenses éligibles au C3IV sont de trois catégories : corporelles (bâtiments, machines, lignes de fabrication, terrains nécessaires au fonctionnement), incorporelles (brevets, licences, savoir-faire, droits de propriété intellectuelle) et droits d'urbanisme (autorisations d'occupation temporaire du domaine public constitutives d'un droit réel). Les actifs doivent être inscrits au bilan de l'entreprise, principalement exploités dans l'installation de production agréée et acquis aux conditions du marché auprès d'entreprises non liées (sauf tolérance doctrinale du BOFiP du 02/10/2024).
Le C3IV est-il cumulable avec d'autres aides publiques ?
Le C3IV est cumulable avec d'autres aides publiques (subventions nationales France 2030, aides régionales, financements européens FEDER et Innovation Fund) dans la limite de 75 % des coûts admissibles depuis la LFI 2026. Toutes les aides sollicitées ou obtenues doivent être déclarées dans la demande d'agrément. La stratification des dispositifs sur des assiettes de dépenses distinctes permet d'optimiser le plan de financement public sans dépasser le plafond global.
Que se passe-t-il en cas de délocalisation après obtention du C3IV ?
La délocalisation des investissements bénéficiaires du C3IV hors du territoire national au cours des 5 années (3 ans pour les PME) suivant leur mise en service entraîne la reprise rétroactive du crédit d'impôt déjà accordé, en application de l'article 244 quater I du CGI. La reprise s'applique également en cas de transfert d'activité similaire vers l'établissement bénéficiaire, qu'il provienne d'un autre État membre de l'UE ou, depuis la LFI 2026, d'un autre établissement français.
Le C3IV est-il cumulable avec le Crédit d'Impôt Recherche ?
Le C3IV est cumulable avec le Crédit d'Impôt Recherche, les deux dispositifs portant sur des phases différentes du cycle industriel. Le CIR finance les dépenses de R&D engagées en amont (recherche, développement de procédés, conception). Le C3IV finance les dépenses d'investissement engagées pour l'industrialisation et la production. Une même dépense ne peut pas être valorisée deux fois, mais les deux dispositifs s'appliquent à des assiettes distinctes et s'imputent séquentiellement.
Qu'apporte l'Outre-Mer dans le calcul du C3IV ?
L'Outre-Mer apporte un avantage fiscal significatif au C3IV. Les territoires ultramarins (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte, Réunion, Saint-Martin, Saint-Barthélemy) sont classés en zone AFR A, ce qui ouvre un taux pouvant atteindre 55 % pour les petites entreprises industrielles, avec un plafond de 350 M€ par projet. Pour un industriel qui arbitre entre une implantation hexagonale ou ultramarine, le différentiel C3IV peut représenter plusieurs dizaines de millions d'euros sur un projet d'envergure.
Dispositifs liés
D'autres dispositifs pour financer votre investissement
Le crédit d’impôt pour l’industrie verte s’inscrit dans un projet industriel qui mobilise souvent d’autres dispositifs. Selon votre situation, ils se combinent.
Aides et subventions publiques
Subventions France 2030 et appels à projets de l’industrialisation, qui financent l’investissement aux côtés du crédit d’impôt.
Crédit d'Impôt Outre-Mer (CIOM)
Pour vos investissements productifs ultramarins, une alternative au C3IV selon le lieu d’implantation de votre site.
Parlons de votre projet
Évaluez le potentiel C3IV de votre projet industriel
Un échange initial qualifie l’éligibilité de votre projet aux quatre filières, estime le taux applicable selon votre zone et la taille de votre entreprise, et chiffre le crédit d’impôt potentiel. Avant tout engagement de dépense, et sans engagement de votre part.